À pas de loup est une association dédiée au soutien, à l’accompagnement et à la valorisation de la jeune création. Pensée comme un espace d’expression libre, elle offre des outils concrets et un cadre bienveillant à celleux qui souhaitent développer leur pratique artistique.

© à pas de loup 2025 — Mentions légales

À pas de loup est une association dédiée au soutien, à l’accompagnement et à la valorisation de la jeune création. Pensée comme un espace d’expression libre, elle offre des outils concrets et un cadre bienveillant à celleux qui souhaitent développer leur pratique artistique.

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Archive

Finca Kids, Nous sommes fait de cauchemars dont sont tissés les rêves

Atelier

Juillet 2026

La Finca, 10 rue Bara, 93100 Montreuil

S'adressant spécifiquement aux élèves de primaire, le projet « Rêve & Cauchemar » se déploie comme un espace artistique à la fois sensible et structuré où l’imaginaire devient un outil vivant pour comprendre le réel et s’ouvrir à la créativité. Il intervient à une période charnière où l'apprentissage de la vie sociale et les bouleversements de l'adolescence bousculent l'expression des émotions. 

Ce projet est né d’un constat simple : les enfants grandissent dans un monde traversé par des tensions sociales, écologiques et médiatiques fortes. Ils sont exposés à des images, des discours et des inquiétudes qui les dépassent parfois, et disposent rarement d’un espace pour les formuler à leur manière. À l’école comme ailleurs, certaines émotions restent contenues, difficiles à nommer ou à partager.

Nous proposons d’ouvrir un cadre où ces émotions peuvent exister pleinement, non pas comme un problème à résoudre, mais comme une matière à explorer et à transformer.

S'adressant spécifiquement aux élèves de primaire, le projet « Rêve & Cauchemar » se déploie comme un espace artistique à la fois sensible et structuré où l’imaginaire devient un outil vivant pour comprendre le réel et s’ouvrir à la créativité. Il intervient à une période charnière où l'apprentissage de la vie sociale et les bouleversements de l'adolescence bousculent l'expression des émotions. 

Ce projet est né d’un constat simple : les enfants grandissent dans un monde traversé par des tensions sociales, écologiques et médiatiques fortes. Ils sont exposés à des images, des discours et des inquiétudes qui les dépassent parfois, et disposent rarement d’un espace pour les formuler à leur manière. À l’école comme ailleurs, certaines émotions restent contenues, difficiles à nommer ou à partager.

Nous proposons d’ouvrir un cadre où ces émotions peuvent exister pleinement, non pas comme un problème à résoudre, mais comme une matière à explorer et à transformer.

Le fil conducteur du projet repose sur deux notions antagonistes et pourtant intimement liées : le rêve et le cauchemar. Ces deux dimensions structurent l’expérience intime de chacun. Le rêve porte l’élan, le désir, l’espérance ; le cauchemar rassemble les peurs, les tensions et les inquiétudes. Les mettre en dialogue permet aux enfants d’explorer leurs contradictions, de comprendre que ces états coexistent et qu’un équilibre peut se construire.L’atelier ne cherche pas à effacer la peur, ni à imposer une vision optimiste du monde. Il s’agit plutôt d’apprendre à donner forme à ce qui trouble, à déplacer ce qui effraie, à transformer ce qui pèse avec lucidité et créativité. Par le biais du dessin, de l’écriture, du collage, de la sculpture, de la peinture, la danse, le théâtre  ou la création sonore et vidéo, les participants expérimentent concrètement comment une émotion peut devenir image, récit, personnage ou paysage, offrant ainsi une plus grande liberté d’approche de l’intime. Nous pourrons par exemple proposer la personnification du rêve et du cauchemar, inviter les participant·e·s à imaginer leur dialogue, leur conflit, leur réconciliation. Le passage par la fiction et le symbolique permet souvent d’aborder l’intime avec plus de liberté.

 Ce laboratoire prend racine à La Finca Montreuil, un espace de création hybride situé à deux pas du métro Robespierre. Ce choix géographique répond à une réalité territoriale forte : avec 30 % de sa population âgée de moins de 20 ans, Montreuil est une ville d'une vitalité exceptionnelle, mais où les disparités sociales et l'exposition aux tensions urbaines marquent le quotidien des plus jeunes. En s'installant dans ce quartier en pleine mutation, où le taux de pauvreté atteint 25 %, ce projet offre une alternative de proximité aux structures institutionnelles souvent saturées. La Finca, par son architecture ouverte, devient un terrain neutre et bienveillant. Ici, l'imaginaire des enfants ne s'extrait pas du réel ; il s'en saisit pour le transformer. En valorisant la sensibilité des jeunes du quartier comme une force créative, nous faisons de cet atelier un levier d'émancipation concret, où la mixité et le collectif deviennent les remparts contre l'isolement et l'anxiété face au monde. 

Nous souhaitons également transmettre aux enfants des outils concrets et des savoir-faire artistiques. L’idée est de leur donner confiance dans leurs capacités, leur transmettre des outils, des techniques et de leur permettre de découvrir qu’ils peuvent créer et transformer leur monde à travers leur imagination. La dimension collective est au cœur de cette démarche : l’expérience de partage, d’observation et de co-création enrichit chacun·e et développe l’écoute, le respect et la coopération.

Notre approche s’inspire des pratiques liées à l’art-thérapie sans s’y substituer : il ne s’agit pas d’un dispositif de soin, mais d’un cadre artistique bienveillant et structuré. Chaque séance alternera temps de parole et temps de production, pour que la création soit à la fois intuitive, réfléchie et accompagnée . Pour garantir une liberté totale d'expression, nous instaurons un cadre de non-jugement strict où le droit au secret est respecté : chaque enfant ou jeune est maître de sa production et n’est jamais contraint d’expliquer ou de justifier son dessin s'il ne le souhaite pas.

Cette dimension inclusive s'accompagne d'un protocole de vigilance : si un cauchemar ou une thématique trop lourde émerge de manière persistante, nous nous engageons à accueillir cette parole avec douceur tout en orientant, si nécessaire, l'enfant et sa famille vers les structures de soin partenaires du territoire. Des protocoles de création individuels et collectifs permettront ainsi à chacun·e de s’engager à son rythme, en toute confiance, en utilisant les médiums qui lui parlent ou qu'il souhaite découvrir.

Le projet « Rêve & Cauchemar » s’inscrit dans un parcours progressif : exploration, expérimentation, production, puis restitution. Les participant·e·s ne seront pas seulement auteurs de leurs œuvres, mais également acteurs de leur diffusion. L’exposition finale et l’objet éditorial (fanzine ou publication) seront conçus avec eux : choix des œuvres, scénographie, titre, affiche, rédaction de textes. Cette responsabilisation participe pleinement au processus éducatif, valorise leur travail, renforce leur autonomie, et développe de nouvelles compétences.

Le projet s’inscrit ainsi dans un parcours progressif allant de l’exploration à la restitution, où les participant·e·s ne sont pas seulement auteurs de leurs œuvres mais deviennent les véritables acteurs de leur diffusion. Cette phase finale de valorisation transforme l'espace de la Finca en un lieu d'immersion où les jeunes endossent le rôle de commissaires d'exposition, décidant de la mise en scène et du dialogue entre les œuvres pour offrir au public une expérience sensible. Parallèlement, la création d'un objet éditorial collectif, tel qu'un fanzine, permet de fixer cette parole éphémère et de transmettre les savoir-faire liés aux métiers de l'édition, offrant à chaque enfant une trace tangible et une fierté durable. Le moment du vernissage vient parachever ce processus de responsabilisation : en présentant leur démarche et en expliquant comment une peur a pu être métamorphosée en récit, les enfants développent une aisance orale et une confiance en eux essentielle.Cette responsabilisation participe pleinement au processus éducatif, valorise leur travail, renforce leur autonomie, et développe de nouvelles compétences. Cette étape de socialisation transforme une vulnérabilité intime en une force collective exposée avec lucidité, prouvant aux jeunes que leur imaginaire est une ressource capable de marquer positivement l'espace public montreuillois.

Ce projet ne promet pas de résoudre les inquiétudes du monde, mais il offre des outils pour les traverser, pour apporter de la légèreté et du plaisir. Il montre aux enfants que leur imaginaire n’est pas une échappatoire, mais une ressource : transformer une peur en image, une tension en récit, un trouble en création partagée, tout cela en s’amusant et en découvrant la liberté de créer ensemble.

Soutenir ce projet, c’est contribuer à créer un espace où la sensibilité des jeunes est reconnue comme une force, où la parole circule, où la rencontre et le collectif sont valorisés, et où l’art devient un moyen concret d’émancipation et de transmission. - Tiziano Foucault-Gini

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1* 30% des Montreuilloi·se·s ont moins de 20 ans https://www.montreuil.fr/actualites/la-rentree-montreuil-equite-education-et-diversite-culturelle-0 
 2* taux de pauvreté de 25% en 2021 à Montreuil https://www.insee.fr/fr/statistiques/1405599?geo=COM-93048